De la faculté de garder son calme.
Je peux avoir une patience incroyable.
Si je veux.
Je vous assure.
A condition qu’il n’y ait pas trop de bruit autour de moi, je
suis par exemple capable de passer un temps fou sur un travail manuel, d’ailleurs,
un jour, je vous parlerai des gâteaux décorés à l’anglaise que je faisais, ceci
bien sur avant d’avoir une excroissance quasi constante et hurlante accrochée à
ma jambe.
(L’excroissance ne marche toujours pas à presque 15 mois.)
Il arrive que l’excroissance fasse la sieste mais, hélas, de
moins en moins longtemps.
Quand elle ne fait pas la sieste, elle couine.
(L’excroissance ne parle toujours pas à presque 15 mois.)
Donc, avant que l’excroissance ne pousse dans mon ventre,
pour se retrouver ensuite greffée à ma jambe, j’étais capable de passer 6
heures, voire plus, debout dans la cuisine, à colorer et façonner tout un tas
de décorations en sucre (encore une carrière avortée).
Ce qui demande BEAUCOUP de patience, vous pouvez me croire.
Surtout quand le mur du château fort* que tu as fait sécher pendant
la nuit se casse quand tu tentes de le coller sur le gâteau le lendemain.
Qui est justement le jour de l’anniversaire de ton fils.
Et que les invités arrivent dans....ouhlalalala, 10 minutes.
Mais ceci est une autre histoire.
Etonnant de voir à quel point j’ai de la patience pour tout
ce qui est manuel, alors que j’en ai vraiment très peu en ce qui concerne les
enfants.
Tous les enfants.
Et surtout les miens.
Surtout au-delà de 20h.
Au delà de 20h00, il est hors de question que mes enfants
daignent m'adresser la parole...
Quand j’étais enceinte pour la première fois, que je doutais
et que je disais aux gens que je ne supportais pas les cris d’enfant, on m’a
dit que pour les miens ce serait différent.
Ce n'est pas vrai.
Un enfant c’est bruyant.
Un enfant, ça refait, même si tu as dit "non" (comme les chats).
Un enfant, ça ne trouve pas de place en crèche et ça te bloque à la maison.
Un enfant, ça n’entend les consignes qu’à partir de la
troisième fois, ça les exécute à la dixième.
Un enfant, ça boude les merveilleuses tomates farcies de sa
mère.
Un enfant, ça veut jamais aller se laver ou se coucher, ça se relève quinze
fois pour faire pipi, avoir un verre d’eau, dire que ça a mal au pied ou poser
une question métaphysique.
Quand le grand frère de l’excroissance sait qu’il va prendre
le moindre mode de transport, et en particulier voiture et train, il vomit.
Oui, avant.
Et pendant.
Et après.
Ca fait un peu jeu de piste. Tu sais où il est monté, où il
s’est assis, où il est descendu.
Après 7 ans ou presque de vomis en tout genre, j’avoue que
j’ai du mal à me maîtriser.
J’ai épongé, parfois en pleine nuit, les déjections de ma
mienne progéniture dans la rue, sur les sièges de voiture, sur mon parquet, sur
nos vêtements, sur les valises des autres voyageurs dans le train.
Je suis passée par l’énervement, je l’ai grondé, consolé,
soutenu, gavé de médicaments, emmené voir Marcel Rufo (the ONE !), j’ai
même écouté patiemment tous les conseils des vieilles (de quoi je me mêle?).
Avec le temps, et avec l’aide de l’amour bienveillant que me
porte l’Homme Idéal, j’essaie de me raisonner.
Cette nuit, j’ai été impériale.
Cette nuit, à une heure cinquante neuf, j’étais en train de tisser
des liens très intéressants avec Clive Owen, Julian Mc Mahon et Colin Firth.
Moi et eux trois, parfaitement.
J’ai beaucoup de succès avec les hommes.
Si mon fils cadet, 15 mois, ne marche toujours pas, il
arrive encore à mon fils aîné, 7 ans, de faire pipi au lit ; cette nuit, à
deux heures, il m’a fallu changer intégralement tous ses draps.
Cette nuit, à trois heures vingt sept, je venais de gagner
au loto.
153 millions d’euros.
J’étais en train de racheter le Séphora des champs Elysées.
Histoire de devenir leur VIP la plus « I ».
Cette nuit, à trois heures vingt huit, j’ai été réveillée
par des hurlements.
Mon tout petit grelottant dans son lit.
C’est dingue ce qu’une couche mal fixée peut faire comme
dégâts.
Changement intégral mais dans une chambre différente de
couche, body, pyjama, gigoteuse et draps. Dans des hurlements de circonstance
extrêmement plaisants à cette heure.
Cette nuit, à cinq heure quarante, après avoir donné un
concert au Stade de France, devant mes fans en délire (rêve récurant), retour
dans la première chambre, celle de l’aîné (« j’ai peur dans ma
chambre »). J’ai du lui prouver avec conviction, argumentant et fouillant partout,
qu’il n’y avait aucun monstre dans la maison.
Ce matin, au réveil, j’ai marché, pieds nus, dans un
gerboulis de chat.
J’ai secoué le biberon avant d’avoir mis la tétine.
J’ai rangé le Nesquick au frigo et le lait dans le micro
ondes.
J’ai donné des céréales aux chats et des croquettes à mon
fils.
Qui m’a fait un gros bisou et s’est occupé de son petit
frère.
Ce qu’ils peuvent être mignons, ces deux là !
J’ai gardé mon calme....
*Le château fort, c’est celui là même de la photo, oui, pas
ma plus belle œuvre je dois dire.
Pour la petite histoire, j’ai remplacé les créneaux cassés
par du carton. J’en ai toujours un bout à la maison, c’est un des avantages
d’être très conservatrice, je vous ai déjà dit que j’étais très conservatrice, non ?
Bon, ok, je sors...
Par Princessevarda, Mercredi 24 Octobre 2007 à 08:02 GMT+2 dans La progéniture de la princesse (article, RSS)







