Si vous étiez là avant les vacances, vous devez savoir que
j’ai tenté une expérience insolite un peu avant les fêtes.
Je ne passerai pas par quatre chemins, je crois que
l’hypnose, c’est pas mon truc.
Je crois que je ne suis pas du tout un sujet réceptif.
Je crois que l’hypnose ne passera pas par moi.
Je crois que ce genre de pratique me donne plus envie de ricaner
niaisement façon ado attardée que de m’y laisser aller complètement.
Je jure que j’ai essayé.
Le jour dit, j’étais pile à l’heure pour ma séance.
Je me suis présentée au monsieur et je lui ai un peu raconté
ma vie.
Je lui ai raconté le coup des kilos en trop, le coup de pas
de place en crèche et bientôt plus trop de fric rapport à mon chômage qui va
prendre fin et mon passage au statut de congé parental, bien moins lucratif.
Je lui ai raconté le coup que je m’étais crue trop super
conquérante l’année dernière en minimisant l’importance de ma fin de contrat et
surestimant la joie que j’allais éprouver à m’occuper de mon foyer.
Le tout en pleurant, évidemment.
Y’a rien à faire, on ne peut pas lutter contre soi même.
Je me suis sentie pathétique.
Je n’ai pas aimé son regard presque trop doux et la pitié
que j’ai presque lue dans ses yeux.
Mauvais départ, j’étais déjà mal à l’aise.
Assise dans un fauteuil pas vraiment confortable, j’étais
censée me relaxer, n’écouter que sa voix et fermer les yeux.
Je me suis exécutée sagement.
Je me suis télé portée vers « un moment heureux déjà
vécu dans un lieu ou avec des gens que j’aime » lequel j’ai choisi sans
trop de mal.
La bienséance ne m'autorise vraiment pas à vous révéler quel était ce moment et je
suis bien contente que l’hypno thérapeute n’ait pu lire dans mes pensées.
Il m’a fait le coup du couloir avec la lumière au bout que
mentalement je devais marcher vers.
Il me parlait à la troisième personne : « elle
marche, elle se retrouve dans sa salle de bain, se déshabille, entre dans la
baignoire.... »
Primo, je ne me sens pas tellement concernée quand on me
parle à la troisième personne.
Deusio, un homme qui te dit de t’imaginer nue dans ton bain,
eh ben moi, je pense qu’il se l’imagine aussi et franchement, cette pensée là
n’a fait que me dégoûter et accentuer la sensation de mal à l’aise que
j’éprouvais déjà.
Je n’ai pas aimé sa façon de jouer au diététicien en me
disant que certains aliments sont trop riches et que les légumes c’est mieux
(genre je suis pas au courant), et que quand j’étais à un mariage ou à une bar
mitsva (non mais sans déconner ! c’est pas parce que tu sais que je suis
d’origine juive qu’il faut me parler de bar mitsva, je crois que c’est le truc
qui m’a le plus énervée et ne me dites pas qu’il la sert à tout le monde, celle
là), il ne faut pas trop abuser du buffet.
Je n’ai pas aimé non plus la façon dont il me parlait, ni le
ton mielleux, je trouvais certains mots inappropriés, et de plus, j’entendais clairement sa voix changer de direction quand il lisait ses notes prises en début de séance.
Sans compter qu’à un moment, j’ai eu une quinte de toux et
mon corps a commencé à me jouer des tours.
Ben oui, moi j’ai la bougeotte.
Même quand je dors, je change tout le temps de position.
Et franchement, une heure sur un fauteuil en rotin les yeux
fermés sans bouger, c’est au dessus de mes capacités physiques.
J’ai passé la dernière demi heure à me demander quand il
aurait enfin fini, pour que je puisse enfin m’étirer.
Et moi je crois que si tu penses à tout ça en pleine
hypnose, c’est que l’hypnose, elle fonctionne pas super bien.
Quand le calvaire a enfin été terminé, je voulais juste
partir en courant.
Mais je ne pouvais pas, je suis bien trop polie pour ça.
Trop polie justement pour répliquer « NON MAIS CA VA
PAS LA TETE !!! » quand il m’a demandé 90 euros.
Cela va sans dire, rien de tout ça ne m’a empêchée de
reprendre de la bûche à Noël, du foie gras pour le nouvel an et de la brioche des
rois (oui, à Marseille, c’est de la brioche qu’on mange pour avoir une belle
couronne dorée, mais je vous en parlerai une autre fois, peut être demain,
tient, qui sait)
Bon, c’est pas tout ça mais j’ai à nouveau rendez vous jeudi
prochain, alors d’avance, je vous remercie, chers lecteurs, dans vos
commentaires, de bien vouloir me donner vos idées les plus lumineuses afin que
sans blesser le monsieur (qui est un ami de ma sœur), je puisse lui fournir une
excuse bien foireuse pour ne plus jamais au grand jamais avoir affaire à
lui !
Edit du mercredi 9/01/08:
Au cas où vous repasseriez par là par curiosité, je viens d'appeler ce
monsieur et je lui ai dit la vérité, que je m'étais sentie mal à l'aise
et tout et tout et que j'avais quand même repris du chapon farçi; bon,
il n'a pas eu l'air de le prendre très bien, tant pis, moi au moins j'ai la
conscience tranquille.