princesse

Pourquoi je n'appellerai pas mon papa aujourd'hui.

Mes parents habitent à 800km.
Je ne suis pas du genre à les appeler toutes les cinq minutes.

D’ailleurs, je n’appelle personne toutes les cinq minutes.

Le téléphone, depuis que j’ai cessé d’être une ado rebelle qui s’enferme dans sa chambre, et surtout depuis que j’ai des enfants, je m’en sers le moins possible et je déteste y passer des heures, comme si je ne courais pas suffisamment après le temps comme ça.

Bref, en général, quand je compose un numéro, c’est que j’ai vraiment un truc à dire.

 
Dieu merci, de leur côté, mes géniteurs n’essaient pas de me joindre à chaque fois qu’une nouvelle fleur apparaît dans leur jardin.
(Ils pourraient être tentés, ce genre de truc les fascine et les émerveille, moi pas, j’ai la main de toutes les couleurs sauf verte)

En général, ils prennent hebomadairement de mes nouvelles le dimanche matin.

 
Il y a deux ans, quasiment jour pour jour, comme aujourd’hui, c’était la fête des pères.
Qui fait autant d’effet sur le mien que les soldes d’hiver sur un chinchilla.
Et que par conséquent, je ne lui ai souhaité régulièrement qu’à l’époque reculée où j’avais un cendrier en terre cuite confectionné à l’école à lui offrir avec pour preuve de tout mon amour filial.

Il y a deux ans, donc, et comme c’était dimanche, j’ai eu l’innovante, chouette et rigolote idée d’appeler mon papa pour lui hurler sa bonne fête.
Il a été tellement content de m’entendre qu’il a hurlé en retour.
Assez fort.
Une sorte de « AAAAAAAAAHHHHHHHH !!! » un peu aigu qui tout bien réfléchi ne ressemblait pas tellement à un cri de joie.
Puis plus rien.
Puis la voix de ma mère qui m’a dit qu’elle me rappellerait de l’hôpital.
Autant pour moi, c’était donc un cri de douleur.
Parce qu’en fait, mon papa, il avait tellement couru comme un dératé depuis le jardin pour ne pas louper le coup de fil, qu’il s’était pris le pied dans un meuble.
Et il était pieds nus.

Mon papa ne supporte pas de louper un appel.
La sonnerie du téléphone, ça le rend dingue et dépendant, mon papa.
Et même quand il s’agit de mon portable qui sonne alors que je suis en train de changer l’excroissance et que je ne peux donc pas répondre, je sens bien que ça le stresse terriblement d’imaginer l’interlocuteur mystérieux qui patiente.
Moi, moins.
Les répondeurs, c’est pas pour les chiens. Et je refuse d’être esclave d’un objet.
Liberté, je crie ton nom !


Mais revenons à mon père dont c’était la fête.

Il parait que son petit orteil est resté pendant deux jours à angle droit avec son pied jusqu’à ce que finalement, on l’endorme complètement pour lui remettre en place.
Dix jours après, il partait en vacances en Sardaigne avec interdiction de se baigner......

 
C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, et même si je pense très fort à lui, je n’appellerai pas mon papa.

 

PS: On est bien gentil(le), on n'oublie pas d'aller voter pour le nom qui siérait le mieux au savon à la cerise, ce qui permettra à son auteure d'en gagner un exemplaire. C'est et c'est jusqu'à lundi minuit.

 

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De l'adieu à mon corps d'antan.

Ne t’enfuis pas en courant, lectrice, je ne suis pas sur le point d’à nouveau me lamenter sur mes bourrelets disgracieux.
Qui soit dit en passant n’ont pas réduit d’un millimètre.
Sans doute parce que je n’ai rien entrepris dans ce sens.
J’irais même plus loin, j’ai plutôt fait preuve d’une rébellion absolue quand à l’idée même d’un régime éventuel.
Tain’ j’ai aucune volonté, c’est l’horreur.
Je suis pas prête, faut croire.
MAIS je ne désespère pas d’atteindre mon objectif.
Un jour.

Ce n’est donc pas à ce rêve là que je dis adieu.
Non.
Je suis présentement en train d’aborder, comme ça, l’air de rien, un souci hautement plus glamour.
Et pour le glamour, la classe, la pudeur et la retenue, fais moi confiance (hin hin hin).

Alors voilà, comme tu le sais sans doute, puisque comme toute fan qui se respecte, tu connais tout de moi, j’ai accouché à deux reprises.

Parce que j’étais enceinte (hin hin)

Mon premier fils est passé par l’ouverture prévue (entre autres) à cet effet.
Bien sage.

L’excroissance, en revanche, après avoir bien fait l’andouille dans mon mien ventre et du coup manqué de s’étrangler, a du emprunter une sortie spécialement ouverte pour lui.

Après chacune de ces délivrances, fort douloureuses à défaut d’être intellectuellement enrichissantes (mais quand même que j’étais très heureuse, hein, que personne ne se méprenne, c’est juste que ça fait mal, quoi... la maternité est enrichissante, pas l’accouchement), bref, après donc, les deux fois, mon gynéco m’a prescrit les dix séances de rééducation du périnée réglementaires.
Auxquelles, comme de bien entendu, je n’ai JAMAIS assisté.
En plus d’être une championne de la procrastination, je suis aussi relativement flemmarde et la rééducation du machin que je savais même pas qu’il existait avant d’être enceinte, franchement.... à moins que les séances ne viennent à moi, ce qui n’a pas eu lieu, bien entendu.

Et puis, autant à 24 ans, ça allait très bien merci, autant depuis quelques mois, si tu veux tout savoir, je ressens comme une dégradation de mon matériel.
Une sorte de trahison sournoise de mon propre corps.
Rien de bien grave, grand Dieu, non ! Je fais bien pâle "figure" à côté de Gallïane.
Pour être parfaitement limpide, avant, j’étais capable de me retenir toute une journée.
Maintenant, ma foi, plus.

Je suis donc retournée, la queue entre les jambes, si j’ose dire, voir mon médecin afin de lui avouer ma négligence et récupérer le précieux sésame pour rénover le disfonctionnement.

J’ai déjà eu quatre rendez vous chez la sage femme (hyper émouvant, c’est elle qui m’a accouchée il y a 8 ans, non, ne pleure pas).
Et figure toi qu’il parait que je casse la baraque.
Enfin, mon organe surtout.
Ouais, j’assure grave du périnée, t’es jalouse ? (en même temps, maintenant, tu sais à qui tu as affaire)
Il parait que je contracte comme personne et que si toutes les accouchées étaient comme moi, ça serait un peu un monde parfait.
La sage femme s’extasie à fond sur mes prouesses alors que pour moi, c’est juste fastoche.
Le talent, je crois que c'est inné, ça ne s’explique pas.

A la sage femme, je lui ai dit que ç’était parce que j’avais vraisemblablement évolué d’exceptionnelle à juste normale.
Ca l’a bien fait rigoler.
En plus d’avoir un périnée surpuissant, j’arrive même à être spirituelle avec une sonde dans le vagin.

N’empêche que si elle est toute contente, moi (anciennement habituée à l’excellence, donc), je sens bien la différence d'avec avant et je suis fort dépitée de cette perte de faculté qui faisait ma fierté.
Et qu’à priori je ne récupèrerai jamais.

C’est ce qui me fait dire que dans la vie, y’a un jour où faut faire un travail de deuil de son corps d’antan.
C'est tout pour aujourd'hui.

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Mes plus vieux souvenirs

Mon angoisse numéro un, en matière de maladie, je crois que c’est l’Alzheimer*.
Ne plus me rappeler de rien.
Oublier les miens, ne plus comprendre où je vais et pourquoi je vis, oublier les gestes du quotidien, oublier tout ce que j’ai été.
Oublier les miens, surtout.

Lorsque je voyage avec mes enfants ou si on entreprend quelque chose d’assez exceptionnel, je me demande toujours s’ils en garderont des bribes de souvenir à l’age adulte.
L’homme Idéal m’a un jour confié qu’il n’avait presque aucune mémoire d’événements antérieurs à l’année de ses dix ans, voire pas du tout.
Depuis, j’ai essayé de fouiller la mienne pour essayer de ramener mes plus vieux souvenirs à la surface m’efforçant de les dater.

Ceux qui suivent précèdent mes quatre ans. Je le sais parce qu’ils sont liés à un appartement que je sais avoir quitté à cet age:

Je me souviens de moi, dansant dans ce couloir qui menait à la salle de bain et qui me paraissait immense. (Mes parents m’ont assuré depuis qu’il ne faisait pas plus d’un mètre de long)

Je me souviens de ma sœur et de notre chambre, de mon lit à barreau.
Je me souviens que je ne l’ai pas crue, parce que ça me paraissait inconcevable, quand elle m’a dit qu’elle était capable de lire « juste avec les yeux » et sans parler à voix haute.
Je me souviens de sa pneumonie et de ses piqûres quotidiennes dans les fesses, d’avoir guetté avec malice l’infirmier par la fenêtre pour lui annoncer sadiquement son arrivée. (Les enfants sont de cruelles petites choses)

Je me souviens de cette école maternelle fabuleuse où la cour était un grand jardin.
De ce jour où j’ai essayé de donner un peu du gâteau au chocolat de mon goûter à ma poupée.
De cet autre jour ou Mamy m’avait apporté des bonbons acidulés. Chaque fois qu’il m’arrive d’en remanger un, je pense à elle, elle qui jouait si bien du piano.
Je me souviens, un après midi, blottie dans les bras de ma mère, l’avoir écouté jouer pendant des heures...

Je me souviens parfaitement de l’annonce de sa mort et des yeux tout rouges de ma mère, je venais d’avoir 6 ans.
Je me souviens, comme si c’était hier, de la douleur mêlée d’incompréhension que j’ai ressentie ce jour là...

 
Et, vous, c’est quoi, vos plus vieux souvenirs ?

 
*Une de mes amies a fait un film magnifique sur l'Alzheimer de sa grand mère, mais c'est un documentaire et vous pourrez difficilement vous le procurer.
En revanche, il y a aussi ce film merveilleux, "N'oublie Jamais"(The Notebook), plus facile à dénicher, que j'ai adoré et que je vous conseille vivement.


PS : la petite fille de la photo, c’est bien moi.


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Cicatrices

Hier, dans le métro, j’ai surpris une conversation entre deux jeunes filles qui se montraient leurs blessures de guerre.

C’est amusant de voir à quel point nos cicatrices nous racontent.
Au tout début d’une relation amoureuse, qui n’a pas, en découvrant devant l’autre son corps pour la première fois, fait l’inventaire de ses cicatrices, preuves et témoins de sa propre histoire ?
Bien sur, elles ne dévoilent pas tout, et certaines, celles du cœur, sont si bien cachées qu’il faudra plus de temps pour les mettre à jour.

Ces marques de la vie me fascinent et d’autant plus depuis que mon fils aîné en a une belle sur le front façon Harry Potter. Je m’imagine toujours l’explication qu’il en donnera à ses futures conquêtes. Parce que « j’ai foncé dans la grille de la maternelle à quatre ans parce qu’à l’époque, je ne regardais jamais devant moi », c’est pas super glamour.
Je lui ai conseillé une histoire de duel à l’épée, qui aurait mal tourné, ça le fait plus, non ?
Dire qu’on les pond si beaux, si lisses et si parfaits et qu’eux passent leur temps à abîmer notre chef d’œuvre ! Moi je dis y’a plus de respect!

Des cicatrices, j’en ai quelques unes aussi, pas énormément non plus, j’ai toujours su me tenir un minimum, faut pas croire.

Je m'en vais vous les conter, des pieds à la tête :

Sous mon pied droit, juste sous le gros orteil.
Je devais avoir environ 15 ans. Mon grand père avait à l’époque une grande maison dans le var où je passais la plupart de mes week-ends et où j’emmenais souvent des copines. Avec l’une d’entre elles (faut que je lui trouve un pseudo), on s’est un jour amusées à sauter à cloche pied autour de la piscine.
Très drôle, très intelligent, d’autant qu’autour de la piscine, y’avait des grosses vis qui servaient à accrocher la bâche qui la recouvrait en hiver.
Je vous laisse deviner la suite, et je peux vous dire que ça a bien saigné, mais en même temps, on rigolait tellement que mon papa a mis du temps à comprendre que c’était vraiment sérieux et que la vis était restée plantée dans mon pied...

Sur ma cuisse droite :
11 ans. Une petite marque souvenir du cadeau que ma mère m’avait fait : de la cire rouge et un sceau à mes initiales pour jouer à Lady Marianne qui envoie des messages inviolables à Robin des bois. Oups, j’ai brûlé la cire au dessus de mes jambes nues, et une goutte brûlante est tombée sur ma peau...

Sur l’aine, à gauche & dans mon nombril.
9 ou 10 ans. Je me suis fait enlever sous anesthésie générale un grain de beauté gênant qui était dans mon nombril. Le chirurgien a cru bon à l’époque, pour refermer la plaie, de récupérer de la peau de mon aine, à la limite de la culotte, comme il m’a dit à l’époque...les strings n’étaient pas encore à la mode...

Juste sous mon ventre : ma cicatrice de césarienne, aout 2006, souvenir du passage de l’excroissance.
Je me demande régulièrement comment mon bébé a pu sortir par cette ouverture ridiculement petite. Mystères de la nature...

Sur ma main droite (c’est dingue comme mon côté droit en a bavé) :

Dans la paume, juste sous mon index, une toute petite trace ronde. Environ 20 ans. Escalade nocturne du palais Longchamp, à Marseille, dans la cascade avec un ami roux et ma copine du pied (plus haut) (tiens voilà, un joli pseudo). Quels rebelles on faisait ! J’ai posé ma main sur un tesson de bouteille, dommage...

Sur le dessus, juste de l’autre côté, un trait clair qui chevauche l’os du mois d’août (rassurez moi, je suis pas la seule à vérifier combien y’a de jours en mars sur mes mains ?), 1998, un souvenir d’une soirée de zèle à mon travail, où la grille d’un néon m’était tombée dessus (remember ?) L’os du mois d’août, j’ai eu tout le loisir de l’admirer en détail.

Sous mon menton, ma plus belle anecdote, en équilibre sur un petit muret, 7 ou 8 ans peut être, mon papa a lâché ma main et j’ai glissé. Nous passions le Week-end à...je vous le donne en mille...Menton !

Je parie que vous n’en aviez pas lu d’aussi bonne, hein !


PS: vous remarquerez que je vous ai épargné les photos dégueu de cicatrices, à la place, vous pouvez admirer Menton.

Bon allez, à vous maintenant !

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Absent friends




Aujourd'hui, c'est "Friday RTT" (vendredi ne rime pas avec RTT).
La nuit dernière a un peu été à l'image de celle là (le pipi a traversé l'alèse, l'angoisse en pleine nuit...), alors j'ai besoin de me reposer un peu. 

Cette photo me rappelle d'excellent souvenirs.
De dos, ce sont mes amis. Pas TOUS mes amis, mais des amis très chers. Je l'ai prise à une époque où je faisais des concours photos, en ce moment, je prends moins de temps pour ça et je voudrais un meilleur appareil...

Je ne les vois pas beaucoup en ce moment, chacun a une vie un peu chargée, beaucoup de boulot et une famille dont il faut tout de même profiter un peu.
Deux sont à Montréal, une est à St Martin et encore un quatrième à Alger.
Certains lisent mon blog, je correspond parfois par mail avec les autres, les suivants pensaient avoir un peu de temps en novembre et aujourd'hui, on est le 30.... je me sens un peu en décalage avec ma vie de femme au foyer un peu en demande. 

J'en parlerai sans doute mieux un autre jour mais ils me manquent.

 
Le titre, c'est à cause de Neil Hannon... dans une autre vie, Neil....

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Donner la vie, suite et fin.

Suite et fin de mes fabuleuses aventures (le début est , la suite est )

A nouveau, je re précise à celles qui n’ont pas encore d’enfants, celles qui en ont déjà mais souhaitent renouveler l’expérience ou pire celles qui sont enceintes que je ne leur conseille pas de prolonger leur lecture.

Il n’est nullement mon intention de décourager quiconque d’enfanter un jour, et je ne voudrais pas effrayer les autres.

Celles qui ont déjà donné merci ou encore celles qui savent d’ores et déjà que les mioches, c’est pas leur truc et que ça ne le sera jamais, soyez les bienvenues, vous pouvez cliquer sereinement sur « lire la suite ».

Pour celles qui étaient là hier, désolée pour la redite et bonne lecture...

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Donner la vie, la suite...

Voilà donc la suite de mon récit d'hier.

Si vous n'étiez pas là, je re précise à celles qui n’ont pas encore d’enfants, celles qui en ont déjà mais souhaitent renouveler l’expérience ou pire celles qui sont enceintes que je ne leur conseille pas de prolonger leur lecture.

Il n’est nullement mon intention de décourager quiconque d’enfanter un jour, et je ne voudrais pas effrayer les autres.

Celles qui ont déjà donné merci ou encore celles qui savent d’ores et déjà que les mioches, c’est pas leur truc et que ça ne le sera jamais, soyez les bienvenues, vous pouvez cliquer sereinement sur « lire la suite ».

Pour celles qui étaient là hier, désolée pour la redite et bonne lecture... 

Cette photo est horrible, je sais, mais il semblerait que je n'ai pu m'empêcher de la mettre quand même.

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Donner la vie.

Avant de vous raconter cette anecdote un peu gore et plutôt intime de ma vie, je voudrais alerter celles qui n’ont pas encore d’enfants, ou celles qui en ont déjà mais souhaitent renouveler l’expérience.
Si vous êtes de celles là, s’il vous plait, ne lisez pas cet article.
Je n'ai nullement l'intention de décourager quiconque d’enfanter un jour, et je ne voudrais pas en effrayer certaines.

Si toutefois, votre curiosité malsaine (oui, on l’a toutes celle là, et moi la première) vous conduisait à lire ces lignes, sachez que mon expérience n’a rien de commun et qu’il est assez rare que les événements se déroulent comme il en a été le cas pour moi.
Pour la majorité de mes copines, le tout a été emballé et pesé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et elles sont rentrées chez elles en sautillant et fredonnant.
Ou presque.

Celles qui ont déjà donné merci bien ou encore celles qui savent d’ores et déjà que les mioches, c’est pas leur truc et que ça ne le sera jamais, soyez les bienvenues, vous pouvez cliquer sereinement sur « lire la suite ».


Encore une toute petite chose : vous allez sans doute vous demander pourquoi j’ai envie de m’épancher sur cet épisode épineux de mon existence.

La réponse, je ne la connais pas plus que si vous me demandiez pourquoi j’ai ressenti le besoin d’évoquer Régis, ou même comment j’ai décidé d’ouvrir ce blog.

Un besoin de partage sans doute, d’échange d’expériences et peut être aussi le désir de démystifier par l’écriture ce qui a pu être douloureux. Si j’arrive à y mettre un peu d’humour, c’est encore mieux....

Le texte est long, c’est pour ça que vous l’aurez en plusieurs fois. J’ai pourtant essayé d’être aussi concise que possible...

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Un ange passe....

 

 
Aujourd’hui, ça fait tout juste 15 ans.
Quatre mois plus tôt, il obtenait son diplôme et me demandait ma main.
15 ans déjà, et moi, je venais d’en avoir 17.
J’ai cru que je ne m’en relèverais jamais.
J’ai cru que ma vie, comme la sienne, allait s'arrêter.

Et puis, contre toute attente, j'ai avancé.

Aujourd’hui j’ai deux beaux garçons.
Vraiment adorables.
(J'ai aussi 3 magnifiques chats... vraiment pénibles)
Aujourd’hui, je vis avec l’Homme Idéal.
Vraiment parfait.
Aujourd’hui, je suis vraiment pleinement heureuse.

Pourtant et même si la douleur s'est finalement évanouie tout doucement, je ne peux m’empêcher de penser à ce que serait ma vie s’il n’y avait pas eu ce jour là, ce jour au goût de fin du monde, il y a 15 ans déjà.

Régis était loin d’être un con.

 

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Ma madeleine

Lundi, j’ai profité que l’Homme Idéal, lui aussi était en vacances pour lui demander de me conduire chez Ikea (je n’ai pas mon permis, je vous raconterai ça aussi)
J’avais besoin de boîtes pour que mon foutoir ait l’air bien rangé sur mes étagères Billy (que j’ai déjà) pour quand mes parents allaient arriver c'est-à-dire hier.
(Mes parents aiment l’ordre)
Et y’a que chez Ikea qu’ils font les boîtes que je veux.

L’homme idéal a horreur de faire les magasins.
Surtout Ikea.
Surtout avec moi.
Parce que Ikea c’est très grand.
Et parce qu’il parait que je m’arrête tous les 2 mètres.
Ben oui, comment tu veux que je voie ce joli lot de 3 torchons si je ne m’arrête pas ?
Mais lundi, coup de pot, il pleuvait.
Le ciel semblait être avec moi.
J’ai pu appuyer mon argumentation.
L’aîné sautait partout.
L’excroissance chouinait, comme à son habitude.
J’ai réussi convaincre l’Homme idéal que ça leur ferait une sortie super sympa.

Une fois sur place, j’ai essayé d’être rapide d’autant qu’on était pas là pour acheter des meubles.
Sauf que je ne résiste pas aux appartements types.
J’adore ça, ça doit être mon côté voyeur.
Faut que je les visite TOUS en fantasmant au passage sur une bonne demi douzaine de salles de bains immenses avec plein de placards pour ranger mes produits juste là, tu vois, et toi tu pourrais te laver les dents pendant que je me démaquille, et les serviettes on pourrait les ranger là.

A la cinquième salle de bain, j’ai senti l’homme idéal s’impatienter.
L’aîné de mes garçons, fatigué d’avoir beaucoup couru en suivant les flèches et sauté sur tous les fauteuils « pour voir si c’est solide », a commencé à demander quand est ce qu’on s’en va tandis que les couinements de l’excroissance se sont transformés en cris particulièrement aigus.
Pour les calmer, on leur a fourré des peluches dans les bras au rayon enfants.

Je me suis mise à marcher vite, sans même regarder les tapis, ustensiles de cuisine et tapis.
Frustrée, très frustrée mais j’ai au moins pu trouver de super boîtes, plus quelques trucs pris ça et là au passage parce que, merde quand on va chez Ikea, faut marquer le coup, et qu’on a toujours besoin d’un kit de 17 tupperweares ou d’une centaine de serviettes en papier rose bonbon.

On est passés à la caisse, on a oublié de payer les petites souris en peluche que l’aîné avait dans sa main....et on est passés à l’épicerie.


Quand j’étais petite, ma mère achetait tout le temps du Kerling.
Le Kerling, c'est une crème orange aux œufs de poissons dans un tube orange et vert, dont ma sœur et moi étions folles. A la fin, lassée de nos disputes et comme pour le Nutella, maman prenait systématiquement un tube pour chacune et on mettait nos noms dessus.
Je ne trouve plus de Kerling depuis longtemps.
L’année dernière, ma mère est retombée dessus dans un monoprix par hasard à Marseille et elle nous en a racheté à chacune un tube.
Depuis plus rien jusqu’à ce qu’on me parle de celui, légèrement différent, que l’on trouve chez, je vous le donne en mille...Ikea.

 

Lundi, c’est donc pleine d’espoir que je suis revenue chez moi avec mes boîtes « cache misère » (j’ai d’ailleurs le compas dans l’œil, elles rentrent pile poil dans les Billy) et mon tube de « Kalles ».
J’ai étalé ledit Kalles sur de la « Wasa » géante (aussi chez Ikea) et je suis instantanément devenue Marcel Proust.
Avec des seins.
Et en moins romantique.
Œufs de poisson versus madeleine....on fait ce qu’on peut....

Inutile de vous dire que le tube n’a même pas fini la journée de mardi.

 
Sur la photo, c’est le truc trouvé chez le suédois, j’ai depuis lu sur un forum qu’on trouvait le vrai kerling aux Galeries Lafayette gourmet.
Si j’en trouve (souhaitez moi bonne chance), je vous promets que je vous mettrai la photo de l’original.


Et vous c’est quoi votre madeleine de Proust ???

 

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32

Ca y est
C’est arrivé cette nuit à 3h35 et je n’ai rien senti.
32
Même pas mal.

En général, j’aime pas trop ça.
En général, je laisse le téléphone sonner dans le vide parce que ça me gène qu’on m’appelle pour ça. Je ne sais pas trop quoi dire. Et en même temps, l’ambiguïté du truc, c’est que j’en veux à mort à ceux qui ont oublié. Comme mes parents il y a deux ans. 30 ans. Autant vous dire que je l’ai super mal pris.

 
Je me souviens de mes 6 ans, de la cassette de Jo Dassin que j’ai serré contre mon coeur.

Je me souviens de mes 9 ans, de la fête organisée par ma mère, de son merveilleux gâteau au chocolat, des apéricubes plantés avec des cure-dents sur des pamplemousses, des chaises, musicales, de la pêche à la ligne où j’avais gagné un nécessaire à couture.

Je me souviens de mes 15 ans, du palmier que ma tante avait apporté pour le jardin de la nouvelle maison de mes parents dans laquelle j’ai de fantastiques souvenirs, du poster de David Bowie le Magnifique offert par ma meilleure copine (oui, celle du mariage).

Je me souviens de mes 17 ans, un mois avant le drame, et pourtant peut être mon meilleur souvenir d’anniversaire. Tous mes copains de terminale, à une terrasse de café sur la Canebière, juste après les cours. Plein de cadeaux, plein d’amour et d’amitié, l’insouciance, la confiance, des rêves plein la tête.

Je me souviens de mes 18 ans. De mon retour pour les vacances en France et de cet anniversaire surprise organisé par ma mère et mes meilleurs copains. D’eux tous, cachés dans le noir. De moi avec mon gros sac, éreintée du voyage en avion et ne rêvant que de mon lit.

Je me souviens de mes 20 ans, premier anniversaire romantique avec le futur père de mon premier fils.

Je me souviens de mes 21 ans, de cet énorme ours en peluche aussi grand que moi, mes amis sont si blagueurs...

Je me souviens de mes 23 ans, chouette journée de répétitions, de mon bandage à la main parce que j’avais voulu faire du zèle et que j’avais amorti la chute d’un néon avec, de ce joli bouquet de roses apportées une par une par les invités à la soirée, une jolie idée.   

Je me souviens de mes 24 ans, enceinte de mon premier fils.

Je me souviens de mes 25 ans, mon pire anniversaire, de ce sentiment de ne pas être à ma place. Et surtout, de ne pas avoir respecté mes rêves et mes espoirs, d’avoir trahi la jeune fille de 17 ans.

Je me souviens de mes 26 ans, la renaissance. D’avoir été émue par cette collecte au boulot pour mon cadeau. De la présence de mon amant sans que personne ne sache qu’il l’était.

Je me souviens de mes 29 ans, de la soirée pompiers/infirmières très drôle que j’avais organisée, de mon amoureux tout neuf, l’Homme Idéal, futur père de mon 2ème fils, rencontrant timidement mon clan pour la première fois.   

Je me souviens de mes 30 ans, de l’oubli de mes parents et du savon que je leur ai passé le lendemain. De cette soirée très chouette et très adulte, de mon coffret Nina Ricci, d’une sensation très agréable de sérénité.


Je me souviendrai sans doute de mes 32 ans, je vais faire une braderie, ça démystifiera bien le truc, d’ailleurs faut que j’y aille, je vous raconterai.....
 

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Le pourquoi du comment

Quand j’étais petite, genre 8 ans, CE2 quoi, j’étais une sacrée mytho.

Après avoir parlé avec beaucoup de filles, j’ai appris que je n’étais sans doute pas la seule.
Malgré tout, ça rassure.

J’ai tenu longtemps et soutenu mordicus à ma meilleure copine de l’époque que j’étais une princesse, une vraie. Pas de la famille de Monaco, non. Une vraie de vraie, avec royaume, château, diadème, robes incroyables et tout le toutim.

Il ne fallait surtout pas qu’elle le répète parce que j’étais là un peu incognito, tu vois, mon père et ma mère, ils veulent pas trop qu’on sache qu’ils sont roi et reine et cela va sans dire immensément riches.

C’est incroyable à quelle vitesse le cerveau travaille quand on ment, on est vraiment prêt à dire les pires invraisemblances pour ne pas se faire griller. Incroyable de voir comment on a soudain réponse à tout, comment on déguise un appartement lambda en cache secrète avec un aplomb sans faille.
De mon côté, sentant tout de même la fragilité de mon récit, (et grandissant aussi un peu) j’ai fini par ne plus en parler jusqu’à ce que l’affaire se tasse...et ça m’a servi de leçon.

Depuis que je surfe sur internet, partout et sans y avoir pensé plus que ça, mon pseudo a toujours été princesse...

Aujourd’hui, avec ce blog, j’ai d’un coup repensé à mes 8 ans, à cette vieille histoire de que finalement je n’avais pas du enterrer si profondément que ça.

A moins que cette bonne vieille Sarah n’y soit aussi pour quelque chose...

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Que deviennent les bagues des ex?

Avant l’Homme Idéal qui est désormais mien, il y en a eu un autre.
Sans doute bien aussi, sous d’autres aspects, mais, et l’expérience je vous prie de me croire l’a largement prouvé, pas pour moi.
Ce qui ne m’a pas empêchée de vivre un certain temps avec lui : je peux être sacrément acharnée parfois…au point même, et ce encore aujourd’hui,  de partager avec lui le premier fruit de mes entrailles. Qui a aujourd’hui 7 ans.
J’ai pensé un temps qu’il était l’élu, et là vous l’aurez compris, je me fourvoyais un peu.
Tout le monde peut se tromper.
A ce sujet, je remercie tous les jours le ciel de vivre à cette époque bénie où on peut changer de partenaire comme de soutien gorge tout en se foutant du qu’en dira t-on.

Mais venons en au fait parce que là, je sens que je m’égare un peu.

Je me suis vue offrir quelques jolis cadeaux pendant cette période dont deux bagues.
Une de Noël/pseudo fiançailles (mon dieu quelle horreur), l’autre pour une Saint Valentin.
Je les ai choisies, aimées, chéries, montrées, entretenues et bien entendu portées.
Et puis, peu à peu, elles ne me correspondaient plus.
Trop « dadame », trop brillantes, trop chères, trop classiques, trop sages, trop pas moi, quoi !

Quand j’ai décidé de quitter le père de mon premier fils, je les ai finalement enlevées et rangées dans de jolis écrins (ceux là même de la photo, oui).
Depuis (5 ans, donc), il m’arrive parfois, en admirant mon patrimoine et y ajoutant de nouvelles acquisitions de « retomber » dessus. J’ouvre ma poire, ma fraise, je regarde mes pierreries briller, et je me dis :« Bon sang de bon sang, mais que suis-je donc sensée en faire ? »

Les porter ?
Bof, plus mon style, et elles correspondent à un segment pas des plus heureux de ma vie, enfin et surtout, elles sont un peu symboliques et je ne trouverais pas ça super correct vis-à-vis de L’Homme Idéal.

Les vendre ?
Ah non, alors, elles sont quand même jolies ces bagues....

Les garder pour celui de mes deux garçons qui est concerné puisque l’offrande venait de son père ?
Ben, justement, c’est un garçon….

Pour sa future fiancée peut être ?
C’est pas dit qu’il soit hétéro…

 

Alors, voilà, je ne sais pas.
Je crois qu’elles vont rester là où elles sont, au milieu de mes autres parures que de toute façon, je ne porte jamais.
Parce qu’après tout, elles font partie de moi et de mon histoire, elles aussi.

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